Murmures

Au calmeDéboisésUn vent d'ailleurs

Au calme

Des oiseaux passent à ma fenêtre
Ils défient les flocons peut-être
Mon souffle au ralenti m'astreint
A l'humilité des anciens
A l'humilité des anciens

J'avance, sans pouvoir aller bien loin
J'évite de lire, de pleurer, de sentir
Les secousses qu'aime tant mon corps sain
Et je vois, près de moi, ton sourire
Près de moi ton sourire

Au calme
Au calme, ma tête ne dit mot
Mes yeux s'abaissent au bord de l'eau
Au calme

Au calme, au bord de l'eau
Qui frappe à présent mes carreaux
Au calme
Au calme, ma tête ne dit mot
Mes yeux s'abaissent au bord de l'eau
Au calme
Au calme, au bord de l'eau
Qui frappe à présent mes carreaux

Déboisés

Les Amérindiens, déboisés.
Les aborigènes, abhorrés, mis à sac.
Les colonies, dévastées, défoncées.

Rasés, rayés, rasés, rayés, rasés, rayés, rasés, rayés, rasés, rayés, rasés, rayés,
Rayés de la carte

Où sont vos langues ?
Où sont vos chants ?
Où sont vos danses ?
Où sont vos aïeux ?

On se répand, on vous défend, on vous défend de vivre.
La détente, la détente, avec l'amour de Dieu qu'i disent, la détente sur la tempe.

La force de la jeunesse s'inspirera de la sagesse des aïeux.

Où sont vos langues ?
Où sont vos chants ?
Où sont vos danses ?
Où sont vos aïeux ? 

Voici nos langues !
Voici nos chants !
Voici nos danses !
Voici nos aïeux !

La force de la jeunesse s'inspirera de la sagesse des aïeux.
La force de la jeunesse s'inspirera de la sagesse.

Un vent d'ailleurs

Un vent d'ailleurs, dans mes cheveux,
Qui se fait court et en dit long,
Ondule, secret, chargé de voeux, dans mes recoins
Qui tournent en rond.

Garder en tête l'épaule qui passe,
Qui se détourne ou qui accueille ; 
Toujours la même image fugace
De ce silence au fond de l'oeil.

L'ivresse est à portée de main,
Près des eaux calmes de ton bain.
Un pas de plus serait de trop,
Celui du gouffre de ta peau.

L'ivresse est à portée de main,
Près des eaux calmes de ton bain.
Un pas de plus serait de trop,
Celui du gouffre de ta peau.